Rééducation après ligamentoplastie antérieure du genou

Selon la HAS : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_639105/fr/criteres-de-suivi-en-reeducation-et-d-orientation-en-ambulatoire-ou-en-soins-de-suite-ou-de-readaptation-apres-ligamentoplastie-du-croise-anterieur-du-genou

 

Rééducation relative à la ligamentoplastie de genou

1  Programme de rééducation

Du fait de la diversité des lésions, des techniques chirurgicales, des protocoles postopératoires et des contextes du patient, il n’est pas possible de décrire un programme type de la rééducation après ligamentoplastie. Le programme est établi d’après le bilan-diagnostic du masseur- kinésithérapeute. Généralement, on distingue trois phases de rééducation :

1.1   Rééducation préopératoire

Si elle est possible, la kinésithérapie préopératoire vise surtout à :

réduire la douleur ;

réduire l’épanchement articulaire ;

récupérer des amplitudes articulaires fonctionnelles, et restaurer notamment les amplitudes du membre inférieur controlatéral ;

renforcer les muscles du membre inférieur ;

éduquer la cocontraction du quadriceps et des ischio-jambiers ;

améliorer la reprogrammation neuromusculaire ;

éduquer le patient aux exercices et types de marches avec cannes du postopératoire ;

informer le patient sur le déroulement de la phase postopératoire (pansement, drains, possibilités fonctionnelles, actions thérapeutiques, etc.).

 

1.2   Rééducation en phase aiguë

La rééducation démarre au réveil. Elle vise principalement à :

diminuer les douleurs ;

prévenir les troubles trophiques et circulatoires ;

restaurer la mobilité d’extension et de flexion du genou ;

obtenir le verrouillage actif du genou en extension ;

sécuriser l’indépendance fonctionnelle du patient.

 

1.3   Rééducation secondaire

 

La rééducation secondaire suit principalement 5 objectifs :

restaurer les amplitudes articulaires par rapport au côté controlatéral ;

rester vigilant sur les troubles circulatoires ;

obtenir un contrôle actif du genou afin d’avoir une bonne stabilité ;

renforcer le membre inférieur controlatéral ;

obtenir une parfaite stabilité fonctionnelle.

 

1.4   Reprise des activités sportives

Selon les consignes du chirurgien, les activités sportives individuelles peuvent être reprises si :

le genou est sec, stable et indolore ;

la mobilité est fonctionnelle ;

la force musculaire est récupérée ;

elles ne sollicitent pas le transplant en cisaillement.

Dans  tous  les  cas,  les  modalités  du  programme  de  rééducation  sont  à  adapter  aux consignes chirurgicales postopératoires et aux caractéristiques du patient.

 

2  Techniques de rééducation

Confronté à la pauvreté de la littérature sur la validité des techniques de rééducation, prises isolément, dans le cadre de la prise en charge de la ligamentoplastie, le groupe de travail ne peut que recommander d’associer les techniques suivantes :

►   Massage

En dehors de ses contre-indications habituelles, le massage est recommandé pour la prise de contact avec le patient, le drainage circulatoire, l’antalgie, la libération des tissus cutanés et sous- cutanés, et la préparation du travail musculaire et proprioceptif.

►   Cryothérapie

La cryothérapie est recommandée pour réduire l’inflammation et l’épanchement articulaire.

►   Électrostimulation antalgique

Il  n’y  a  pas  suffisamment de  preuve  scientifique  pour  inclure  ou  exclure  l’électrostimulation antalgique en postopératoire.

►   Électrostimulation excitomotrice

Associée aux techniques manuelles, l’électrostimulation musculaire peut favoriser la levée de sidération musculaire et la récupération de la force musculaire.

►   Mobilisation passive continue

La mobilisation passive continue, associée à la mobilisation passive, peut être utile pour entretenir les amplitudes articulaires.

►   Renforcement musculaire

Le renforcement musculaire concerne tous les muscles du membre inférieur.

L’indication du renforcement musculaire en chaîne cinétique fermée et/ou ouverte repose sur un accord commun entre le chirurgien et le rééducateur.

►   Isocinétie

Le renforcement isocinétique peut être proposé dans la rééducation après ligamentoplastie.

►   Reprogrammation neuromotrice

La reprogrammation neuromotrice doit commencer précocément, en décharge, puis en charge, du bipodal pour aller progressivement vers l’unipodal. Les stimulations sont réalisées au niveau du genou, des ceintures pelvienne et scapulaire. Le travail de l’équilibre peut être poursuivi sur plan instable.

La marche est réalisée sur terrain plat, sans et avec obstacles, puis en terrain accidenté.

►   Éducation thérapeutique du patient

L’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à prévenir les complications évitables et favoriser l’acquisition de compétences thérapeutiques par le patient.

 

Dans le cadre de la rééducation pré et postopératoire, il est recommandé d’aider le patient à développer des compétences lui permettant de :

prévenir les complications évitables ;

connaître et comprendre les gestes interdits et les restrictions fonctionnelles qui en découlent ;

acquérir les gestes ou les aides techniques permettant de compenser les restrictions fonctionnelles en respectant les consignes chirurgicales ;

participer activement à sa rééducation (automobilisations, application de cryothérapie, mise en déclive régulière du membre, reprise progressive des activités, etc.) ;

intégrer les habitudes relatives à la pratique de l’activité sportive pour prévenir toute récidive (respect des règles d’échauffement musculaire et de mise en route progressive de l’appareil cardioventilatoire, pratique raisonnée des étirements passifs à visée d’entretien des qualités d’extensibilité du complexe muscle-tendon, pratique régulière d’une préparation physique globale et d’une préparation physique spécifique, etc.).

Par ailleurs, les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de rééducation doivent donner au patient toutes les informations conformément à la loi du 4 mars 2002.

3 Critères de suivi

3.1  Indicateurs structurels

Douleur ;

Hydarthrose ;

Mobilité ;

Force musculaire ;

Proprioception.

 

3.2  Indicateurs fonctionnels

Instabilité lors de la marche ;

Activités supérieures de marche ;

Escaliers,

Sauts ;

Scores fonctionnels :

Les échelles fonctionnelles les plus couramment utilisées sont :

          Score fonctionnel de Lysholm-Tegner ;

IKDC (International Knee Documentation Committee) ;

Arpege (Association pour la recherche et la promotion de l’étude du genou) ;

Cofras (Codification fonctionnelle de la reprise des activités sportives).